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Les principaux représentants de la vie animale de Taïwan témoignent d’une évolution particulière après l’« accident » géologique qui sépara l’île du continent.

Selon M. Lin Chun-i professeur de l’Université de Tonghaï à Taïtchong , il y a à Taïwan 61 mammifères terrestres dont 14 espèces indigènes.
28 autres appartiennent à des sous-espèces indigènes avec des traits spécifiques à Taïwan.

Le macaque.
Parmi les quatorze espèces de mammifères indigènes, toutes sont des quadrupèdes, sauf une, le primate non humain que l’on trouve dans l’île, le macaque formosan
On l’identifie avec le macaque des Indes qui aurait immigré à Taïwan il y a 45 000 ans.
Le macaque formosan, parent du macaque japonais, a la queue plus longue, le pelage plus pâle sur la tête et les fesses et plus sombre aux extrémités.
La tête est plus ronde et la face plus plate que celles du rhésus de l’Inde.
Le front est dégarni, les longs favoris foncés ressemblent à une écharpe.
Tandis que la queue du rhésus est fuselée, fine et d’environ vingt centimètres de long, celle du macaque formosan est plus touffue, plus foncée et longue de plus de 30 cm, capable de se balancer et se lever.
De plus, la peau nue est rose.
Parfois au bord du nez, on trouve un liseré de poils bruns.
Et le ventre est gris avec des taches.
Enfin, le pelage est laineux et brun gris.
Voilà les grandes caractéristiques de son aspect extérieur.
Son activité est diurne, contrairement à presque tous les mammifères indigènes de Taïwan. Aussi est-il plus facile à observer.
On le trouve partout dans l’île où la végétation pousse à l’état naturel.
D’une manière générale, il préfère les forêts de platyphylles au-dessous de 2 000 mètres d’altitude.
Les régions montagneuses de l’est et du sud de Taïwan sont l’habitat de la plus grande population.
Le macaque formosan vit principalement dans les arbres, mais à la saison des pluies, il se réfugie au sec dans des grottes ou sous les rochers.
Sur les collines au printemps et en été, il en redescend les jours plus froids.
Ayant une alimentation essentiellement végétale (les feuilles, les racines, les fruits et les baies sont ses friandises), il se nourrit aussi d’insectes.
Il mange à heures fixes, en général deux fois par jour, à l’aube et au crépuscule.
Bien entendu, il est fort mal accueilli dans les vergers d’où il est rapidement chassé.
La femelle devient adulte lorsque la face et les fesses virent au rouge et peut porter à partir de six ans.
La gestation, généralement unipare, est d’environ 155 jours.
Au cours d’une vie moyenne de vingt ans, elle peut mettre bas quatre à cinq petits.
Elle prend grand soin de ses petits jusqu’à ce qu’ils soient assez forts pour pouvoir vivre et se nourrir seuls vers l’âge de six mois.
Le mâle devient adulte plus tardivement.
Il peut protéger plusieurs femelles à la fois.
Sous l’autorité d’un vieux mâle, les macaques forment un groupe de vingt à trente bêtes où le rang social est très marqué.
La conduite sociale du macaque formosan comprend notamment le « dorlottage », la coopération pour s’ôter les parasites du pelage, le jeu et le combat et d’autres espiègleries. Comme signal d’alarme, il use d’un moyen de communication singulier : il lance un cri aigu et répété tout en secouant fortement les branches d’un arbre.
Il est intéressant de noter que ses mouvements de natation ressemble singulièrement au crawl de l’homme.
L’Office provincial des Forêts a institué en 1972 une réserve pour les macaques autour du mont Pakoua dans le hsien de Tchang-houa , dans le centre de Taïwan, où deux grands groupes totalisent près de soixante-dix bêtes.
Le chamois.
Parmi les mammifères de moyenne et grande tailles particuliers à Taïwan, il y a le chamois formosan , une espèce unique de toute l’Asie.
Avec un pelage long et épais, il peut supporter les basses températures d’altitude.
Ses membres courts et vigoureux avec des saillies sur les sabots lui permettent de gravir avec une grande agilité les terrains escarpés et rocailleux.
Par le nombre de ses chromosomes, cet animal n’existe que dans deux espèces régionales, l’une au Japon et à Taïwan avec 50 chromosomes, l’autre en Chine continentale, dans la péninsule indochinoise et à Sumatra avec 54 chromosomes.
D’autres différences départagent les deux espèces du Japon et de Taïwan : la japonaise est plus grande et a un pelage plus long dont la coloration alterne l’hiver et l’été, ce que ne possède pas la formosane.
Le chamois formosan est généralement brun.
Les poils des pattes et de la nuque sont foncés; ceux des bajoues et de la gorge sont beaucoup plus clairs.
Les cornes sont arquées vers l’arrière avec des lignes claires partant de la base.
Hormis les îles des Peng-hou et les hsien de Tchang-houa et de Yunlin, au centre-ouest de Taïwan, on le trouve un peu partout en altitude à partir de 200 m dans les terrains escarpés et rocailleux.
Dans les forêts vierges de conifères d’altitude plus élevée et sur les flancs de montagnes irréguliers, il trouve un excellent terrain pour se nourrir.
Dépendant d’un groupe de six bêtes ou plus, le formosan se déplace souvent seul.
Il a un sens aigu de son territoire qu’il délimite par la sécrétion odorante d’une glande située sous les yeux.
Dans ce territoire ainsi défini, il ne tolère aucune intrusion de ses congénères.
La femelle met bas un petit, parfois deux, en été après une gestation de six mois.

Le sika.
Le (daim) sika formosan , à l’état sauvage, était, croit-on, au bord de l’extinction en 1969. Mais il en existait de nombreux domestiqués dans des fermes cervicoles (d’élevages de cerfs et apparentés).
Sa réintroduction à l’état sauvage est encore au stade initial à la ferme expérimentale de Nanjen-chan, dans le parc national de Kenting, à l’extrémité sud de Taïwan.
Le sika formosan mesure environ un mètre et demi de long et un mètre de haut (de l’échine aux sabots).
En été, la robe est châtain clair, sauf la gorge, le ventre, le postérieur et la partie tournée à l’intérieur des membres qui sont blanc crème.
Une ligne noire court sur l’échine, tachetée longitudinalement de chaque côté d’une vingtaine de points blancs.
Sur les flancs, on retrouve ces mêmes tâches.
En hiver, la robe devint plus foncée, et la ligne noire s’éclaircit en brun foncé, tandis que les tâches s’estompent ou disparaissent.
Le mâle perd chaque année ses bois qui repoussent.
A partir de la deuxième année, il s’y ajoute une ramification par an jusqu’à quatre ou cinq.
Les bois peuvent atteindre 40 à 50 cm de haut.
Comme c’est souvent le cas, le mâle qui a la plus grande paire de bois devient le chef du troupeau.
Le sika fréquente les terrains plats le long des cours d’eau et des collines au-dessous de 200 m d’altitude.
Il broute généralement dans les prairies qui sont son habitat typique.
Les sikas s’accouplent habituellement en automne, et, après huit mois de gestation, la femelle met bas un faon entre avril et juin de l’année suivante.
Le sika mâle protège plusieurs femelles.
Le sambar.
Le sambar formosan n’est pas aussi élégant que le sika, mais ses mensurations sont plus grandes.
Le mâle pèse jusqu’à 160 kg et la femelle 140 kg.
Les bois du sambar sont aussi beaux que ceux du sika.
La robe brune, foncée en hiver, tire sur le blond en été.
Il possède plusieurs liserés de couleur paille en forme de V sous les yeux.
La population de sambars la plus nombreuses se tient en haute montagne près des étangs et des marais, notamment à la limite des forêts de platyphylles et de conifères.
A l’état sauvage, il devient adulte vers l’âge de deux ans.
L’accouplement a généralement lieu en été tandis qu’un faon naît au printemps suivant.
Il se nourrit de racines tendres et de jeunes feuilles.
Lorsqu’il se sent dérangé, il pousse un cri strident avant de s’enfuir.
Comme le sika, le sambar s’élève aussi dans des fermes spécialisées.

Des muntjacs: biche et faon.
Le muntjac.
Le muntjac formosan est un cerf « aboyeur ».
Ses bramements brefs et puissants répétés sont un signal d’alarme.
Les forêts d’arbres à bois dur qui ont d’épais tapis d’herbes et des bambous sont son habitat principal.
Les cornes du muntjac ne sont pas ramifiées, mais droites et courtes.
La robe et les membres sont bruns, aux poils épais et ras; la queue est courte.
Sous chaque oeil, il y a une fossette.
D’une hauteur de 40 cm environ à l’épaule et d’une longueur de 50 cm, le muntjac est le plus petit des cervidés de Taïwan.
Très craintif, il reste caché la plupart du temps.
Au zoo de Taïpei, les visiteurs ne pourront que l’entrevoir dans son abri.
Il vit généralement en solitaire, et en couple à la saison du rut.
La portée d’un seul faon est la plus commune, mais celle de faons gémellaires se rencontre régulièrement.
L’ours brun.
L’ours brun formosan , surnommé « grand toutou » par les enfants, est le plus grand carnivore de l’île bien que l’adulte ne mesure qu’un mètre et demi du nez à la queue.
Le trait distinctif de cet animal est le croissant blanc sur la poitrine noire.
Avec des habitudes nocturnes, il se cache la journée dans les grottes de haute montagne. Quand la faim l’en fait sortir, il chasse poissons, insectes, petits animaux, fruits et légumineuses.
Il hurle et semble attaquer lorsqu’il se sent dérangé, mais il n’attaque l’homme qu’en cas d’extrême limite.
Le chat sauvage.
Le chat sauvage chinois ou plus couramment « tigre des pierres » (un terme taïwanais qui signifie que ce tigre n’a pu grandir), est aussi connu sous le nom de « chat des montagnes » [ , même s’il ne vit qu’en-dessous de quinze cents mètres d’altitude.
Hormis sa constitution forte et les nombreuses tâches et rayures sur sa fourrure, il ressemble assez au chat domestique.
C’est un rude chasseur d’écureuils, d’oiseaux, de serpents, de grenouilles et même d’animaux plus grands tels que le muntjac, le daim et le bouc des montagnes.
En chasse, il saute sur la croupe de sa proie, lui déchire les parties anales et en tire les viscères.
Il peut causer des ravages dans les basses-cours.
Le léopard des nuages.
Le léopard des nuages est un grand félin en voie d’extinction.
On en n’a plus vu depuis 1972 bien qu’il en existe encore quelques-uns dans la Chaîne centrale.
Le léopard des nuages ressemble beaucoup au léopard commun, mais il est beaucoup plus petit, et sa fourrure est différemment colorée.
Les bandes noires partent de la tête vers les épaules et le dos et des bajoues vers la gorge.
Les flancs sont tachetés de cercles noirs en forme de gros nuages avec une série de cercles concentriques de couleurs plus pâles.
La vie de cet animal est essentiellement solitaire, secrète et nocturne.
Il dort sur les branches basses en embuscade prêt à bondir sur sa proie, macaques, muntjacs, boucs des montagnes, sangliers et sam bars.
Il tue en lacérant la nuque.
En fin de compte, il ne mange qu’une partie du corps de sa victime dont il abandonne les restes.
La petite civette.
La petite civette chinoise , comme tous ceux de la même famille, secrète d’une glande abdominale un liquide de forte odeur, la fameuse civette.
Tel le musc, cette civette est paradoxalement employée comme fixatif en parfumerie.
Comme les poils de sa fourrure sont aussi utilisés pour la confection de pinceaux à calligraphie, la petite civette est couramment appelée ici « chat calligraphe
Elle est brun gris rayée de noir, et la queue grise est toute annelée de noir.
Elle vit la nuit et se rencontre dans les régions montagneuses au-dessous de mille mètres, notamment dans le centre de l’île.

La civette. ( voir photo)
La civette formosane au museau perlé est un animal d’apparence adorable et, certes, le plus docile des trois viverridés de Taïwan.
On l’élève aussi en cage chez soi.
Sa fourrure est brune avec des taches blanches sur le museau et les bajoues d’où son nom courant de « chat au nez blanc ».
On la dénomme aussi « raton aux pieds noirs » et « raton des fruits » à cause de son apparence, de son odeur et de ses habitudes alimentaires.
Elle est omnivore avec un faible pour les fruits.
C’est un excellent grimpeur d’arbre.
Cet animal vit dans les terres de basse altitude et on la retrouve aussi dans les îles du large oriental, les îles Verte
La mangouste.
La mangouste mangeuse de crabes honore son nom vulgaire par son appétit vorace pour les crabes.
Ce viverridé vit le long des cours d’eau inférieurs.
Elle se nourrit d’animaux aquatiques vivant au bord des rives et de crabes en s’amusant follement avec sa proie pour la ramener sur le sol. Parfois, elle chasse dans les poulaillers.
Sa fourrure ressemble à une pèlerine en kaïr, d’où cette autre appellation « raton à cape de kaïr ».
En face d’un ennemi, cette cape change de forme, car l’animal se hérisse.

La loutre.
La loutre chinoise est un mustélidé de la taille d’un écureuil qui vit le long des cours d’eau inférieurs et se nourrit de poissons, de grenouilles, de crustacés et de gibier d’eau.
C’est une nageuse et une chasseuse de grande classe.
La martre.
La martre formosane à gorge jaune est un mustélidé très svelte d’une longueur de 60 cm, plus une queue de 40 cm.
La tête, les membres et la queue sont brun foncé; de la gorge à la partie supérieure de la poitrine, le pelage est jaune clair.
Ailleurs, c’est le jaune ocré qui domine.
C’est une chasseuse d’une grande agilité.
Elle a une curieuse habitude de s’attaquer aux animaux pris dans un piège ou une trappe.
La belette dorée.
La belette formosane ou dorée est l’acteur d’un vieux proverbe chinois: « La belette vient présenter ses voeux de l’An aux poussins », qui image le refus total de faire confiance à quelqu’un.
Grâce à son extrême agilité et ses habitudes secrètes, la belette allait fréquemment voler chez l’habitant.
Elle chasse les souris, les poulets et autres petits animaux.
Les superstitieux la considéraient comme le « renard magique ».
Ce mustélidé a une figure étroite, de courtes pattes et une fourrure brun très clair qui vire au blanc l’hiver.
Ses mouvements sont coulants comme ceux d’un serpent.
Les belettes dorées sont très nombreuses dans les prairies et les clairières de conifères au-dessus de mille mètres.
Le furet rayé.
Le furet rayé formosan partage avec les autres mustélidés et viverridés la possibilité de secréter un liquide nauséabond d’une glande sub abdominale.
Il mesure 30 cm et la queue 10cm.
Le furet rayé vit la nuit.
C’est un chasseur redoutable, mais de temps à autre, il se nourrit d’insectes et de fruits.
Sa fourrure est gris brun avec des raies blanches sur le dos ressemblant un peu au blaireau.
La moitié arrière de la queue est blanc gris; la face et le ventre sont blanc jaunâtre.
Il habite les terres basses principalement autour de Pouli , dans le centre de Taïwan.
Le pangolin.
Le pangolin chinois a un museau effilé et une langue longue et visqueuse qui lui permet d’attraper les fourmis et autres insectes.
C’est un mammifère édenté, recouvert d’écailles comme les autres mangeurs de fourmis.
On l’appelle couramment le « porteur de carapace » .
Les pattes sont grossières avec des griffes acérées capables de gratter le sol, et les écailles épaisses et dures le protègent des animaux de proie.
S’il rencontre un ennemi, il s’enroule pour former une sorte de boule insaisissable.
De vie nocturne, il passe la journée dans un terrier, notamment à la limite des champs ou des rizières.
Insectivore, il ne cause aucun dommage aux récoltes ni ne gêne les activités des champs.
La roussette.
La roussette formosane ou des fruits est la plus grande chauve-souris de Taïwan.
Avec un corps de 20 cm de long, il a une grosse tête, de grands yeux et un museau en saillie ressemblant quelque peu à un maki.
Elle vit différemment de la plupart des chauves-souris par au moins deux aspects particuliers: elle se nourrit de fruits au lieu d’insectes; elle distingue les objets à vue et non avec tout autre système de perception.
Elle trouve refuge dans les forêts tropicales plutôt que dans les grottes.
Elle met bas un seul petit vers le début de l’été.
Les autres mammifères indigènes de Taïwan comprend des lièvres, des écureuils volants, des écureuils, des chauves-souris et des rats.
La pénétration humaine avec l’exploitation des régions montagneuses et surtout la chasse à outrance des derniers siècles, ont provoqué un rapide dépeuplement d’animaux sauvages à Taïwan.
Maintenant, beaucoup reconnaissent qu’« il n y a qu’une seule terre » et qu’elle n’appartient pas à l’homme, mais ce dernier lui appartient. »
Les écologistes et les environnementalistes ont constitué à Taïwan un mouvement pour la défense de la nature et la protection de la vie sauvage qui doit, en particulier, permettre à toutes les espèces uniques de Taïwan de vivre et de se reproduire.■