
Contrairement à la marmotte, l’écureuil roux n’hiberne pas.
Il hiverne : il ralentit son activité pour économiser son énergie, mais doit impérativement sortir pour se nourrir.
En janvier, alors que les sols sont gelés et que les réserves constituées à l’automne s’épuisent ou deviennent inaccessibles, la mortalité grimpe en flèche.
Pour le jardinier, aider l’écureuil n’est pas seulement un acte de bienveillance, c’est un soutien à la biodiversité locale.
Voici les protocoles de nourrissage et d’aménagement pour leur permettre d’atteindre le printemps.
L’apport calorique : choisir les bons combustibles
L’écureuil a besoin de maintenir sa température corporelle (37°C) malgré le froid extérieur.
Il lui faut donc des aliments riches en lipides (graisses) et en protéines.
Oubliez les restes de table : l’organisme de l’écureuil ne digère ni le sel, ni le sucre raffiné.
Ce qu’il faut donner : Misez sur les oléagineux. Noix, noisettes, amandes (non grillées et non salées).
L’idéal est de les donner avec la coque.
Cela oblige l’animal à l’ouvrir, ce qui permet l’usure nécessaire de ses incisives qui poussent en continu.
Les graines de tournesol (noires, plus riches en huile) sont également un excellent complément.
À proscrire absolument : Le pain.
C’est un aliment « vide » qui gonfle dans l’estomac et peut provoquer des troubles digestifs mortels.
Évitez aussi le lait de vache (les écureuils adultes sont intolérants au lactose) et les cacahuètes qui, souvent mal stockées, peuvent contenir des aflatoxines dangereuses pour leur foie.
L’hydratation : le point critique souvent oublié
En période de gel, la déshydratation tue autant que la faim.
Les points d’eau naturels sont gelés et manger de la neige demande une dépense énergétique colossale à l’animal pour la faire fondre dans son organisme.
Installez une coupelle d’eau tiède (jamais chaude) chaque matin à une hauteur accessible mais sécurisée.
Utilisez un récipient peu profond (type soucoupe de pot de fleur) pour éviter tout risque de noyade ou de mouillage du pelage, qui serait catastrophique par température négative.
Sécuriser le poste de nourrissage
L’écureuil est une proie.
Si vous placez la nourriture au sol, vous le livrez aux chats domestiques et aux renards.
Le dispositif de nourrissage doit respecter des règles de sécurité strictes :
La hauteur : Placez la nourriture ou la mangeoire à minimum 1,50 m ou 2 m du sol.
L’accès : Privilégiez un emplacement proche d’un tronc d’arbre ou d’une branche solide pour lui offrir une « voie de fuite » rapide vers les hauteurs en cas de danger.
L’hygiène : Nettoyez régulièrement les zones de nourrissage.
Les concentrations d’animaux au même endroit favorisent la transmission de parasites (gale) ou de bactéries.
Retirez les vieilles graines moisies.
L’aménagement de l’habitat (Nidification)
Si votre jardin manque de vieux arbres creux, l’écureuil peinera à s’abriter du vent et du froid.
Vous pouvez installer un nichoir spécifique (« écureuillodrome »).
Contrairement aux nichoirs à oiseaux, le nichoir à écureuil doit avoir deux trous d’accès.
C’est une question de survie : en cas d’intrusion d’un prédateur (comme une martre) par une entrée, l’écureuil doit pouvoir s’échapper par l’autre.
Installez-le très haut (entre 3 et 5 mètres), orienté sud-est, à l’abri des vents dominants.




