Le pangolin est hélas l'animal le plus braconné au monde, pour sa viande et pour ses écailles. Aujourd'hui malheureusement deux des quatre espèces asiatiques de l'animal sont menacées ainsi que les 4 espèces africaines. Le pangolin est inscrit à l'annexe 1 des espèces menacées, son commerce est interdit depuis 2016 mais malheureusement son commerce illégal persiste malgré la peine de dix ans d'emprisonnement encourue. Le pangolin est aussi victime de la déforestation et de l'urbanisation et le seul réel prédateur du pangolin est l'humain.

C’est un animal que nous sommes nombreux à avoir découvert au moment de la pandémie de Covid-19.

Le pangolin est un petit mammifère qui fait partie des espèces sauvages alimentant malheureusement le commerce illégal.

Quelles sont ses spécificités et pourquoi est-il menacé ?

Le pangolin : qui est-il ?

Le pangolin appartient à la famille assez confidentielle des Manidés, qui comprend les huit espèces qui vivent en Asie et en Afrique.

Son nom signifie littéralement « quelque chose qui s’enroule ».

Ce petit animal utilise en effet ce mode de défense pour se protéger en cas de danger, tout comme le hérisson ou le tatou.

Côté mensurations, l’animal pèse entre 1 et 30 kilos pour une taille variant entre 80 cm et plus d’1 mètre 50, en fonction des espèces.

Il dispose d’une longue queue, d’une petite tête fine en forme de cône et d’un corps recouvert d’écailles, qui s’imbriquent les unes dans les autres pour former une véritable armure naturelle.

Cette dernière caractéristique est d’ailleurs étonnante pour un mammifère, puisqu’on la retrouve habituellement plutôt chez les poissons ou les reptiles.

Ses pattes courtes et griffues lui servent à trouver sa nourriture dans l’écorce des arbres et dans la terre.

Le pangolin fréquente les savanes et les forêts tropicales d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. Insectivore, il se nourrit de fourmis, de termites et de nombreux invertébrés qu’il chasse grâce à sa langue gluante.

Il n’a pas une très bonne vue, mais son ouïe et bonne et son odorat très puissant.

C’est un animal aux nocturnes et solitaire, qui reste encore assez mystérieux et peu connu des humains.

Au niveau de son tempérament, il est réputé comme étant sensible et émotif.

C’est notamment ce qui explique qu’il ne supporte pas d’être élevé en captivité : il est sujet au stress, qui peut provoquer chez lui de graves problèmes de santé (ulcères, pneumonie, etc.).

De plus, il est difficile de combler ses besoins en termes d’alimentation et d’environnement.

Un animal prisé pour sa chair et pour ses écailles

Si le pangolin est victime du braconnage, c’est pour deux éléments principaux.

1.Sa viande, riche en protéines, est considérée comme un mets de choix dans plusieurs pays asiatiques et africains.

Les fœtus sont aussi consommés, particulièrement en soupes, notamment en Chine et en Asie du Sud-Est.

2.Ses écailles, constituées de kératine (comme nos ongles ou nos cheveux) sont prisées en médecine traditionnelle asiatique.

Elles sont généralement réduites en poudre et proposées comme remèdes à différents maux : pour favoriser la circulation sanguine, réduire les inflammations, soulager les problèmes hépatiques, soutenir l’allaitement ou encore augmenter la virilité.

Dans certaines cultures, les écailles sont aussi réputées pour porter chance et pour éloigner le mauvais œil.

Ces dix dernières années, près d’un million de pangolins auraient ainsi été tués.

C’est ce qui fait qu’il a hérité en 2010 du triste titre d’animal le plus braconné au monde, devant le rhinocéros, l’éléphant, le tigre ou la tortue.

Un seul spécimen pourrait être vendu jusqu’à 1 000 dollars au marché noir.

Son commerce est interdit depuis 2016 par la Convention internationale sur le commerce d’espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Il a été inscrit à l’annexe I, qui constitue l’un des plus hauts niveaux de protection à l’échelle mondiale.

En plein Covid, le pangolin a aussi été officiellement retiré de la pharmacopée chinoise.

Mais son commerce illégal se poursuit et ce, même si la peine encourue atteint désormais 10 ans d’emprisonnement.

Combattre le braconnage reste compliqué, puisqu’il faut identifier les chasseurs, mais aussi tous les intermédiaires : exportateurs, transporteurs et consommateurs finaux.

Des arrestations et saisies restent régulièrement effectuées dans plusieurs pays.

Aujourd’hui, deux des quatre espèces asiatiques de pangolins sont considérées comme en danger, quand les deux autres sont menacées, selon l’Union internationale pour la préservation de la nature (IUCN).

Les quatre espèces africaines sont également menacées.

Pourtant, comme tous les animaux, le pangolin est un maillon de la chaine alimentaire qui contribue à l’équilibre global des milieux.

La baisse des populations, voire l’extinction, aurait un impact fort sur le développement d’insectes dont il est le prédateur.

D’autres menaces pèsent sur le pangolin

Comme pratiquement toutes les autres espèces animales, le pangolin pâtit aussi des autres activités humaines.

Au-delà du braconnage dont il est l’objet, la déforestation et l’urbanisation contribuent à fragmenter son territoire et à réduire ses sources d’alimentation.

Le pangolin n’a pas vraiment d’autres prédateurs que l’humain.

Les hyènes, les tigres et les lycaons font partie des rares animaux qui peuvent percer sa carapace protectrice.

Mais c’est tout de même un animal vulnérable, d’autant qu’une femelle ne met généralement au monde qu’un seul petit par an.

Nous l’avons vu, lorsqu’il se sent menacé, le pangolin se roule en boule.

C’est ce qui lui permet de protéger les parties les plus sensibles de son corps, celles qui ne sont pas recouvertes d’écailles.

Il a aussi la capacité de rouler pour s’échapper rapidement ou il peut utiliser sa queue pour fouetter un agresseur.

Enfin, il peut sécréter une odeur nauséabonde grâce à des glandes situées près de ses fesses.

Le pangolin s’est fait connaître malgré lui lors de la pandémie de Covid-19, puisqu’il était accusé d’avoir été vecteur du virus et d’avoir favorisé la transmission à l’humain en étant un hôte intermédiaire.

Depuis, son rôle dans la contagion a été remis en question et le pangolin a été « innocenté ».

Mais cet épisode aura au moins servi à ce que cet animal, qui était alors peu connu du grand public, soit mis en lumière, alertant en parallèle sur les menaces qui pèsent sur sa survie.

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