
La mue du chat est un phénomène naturel, qui intervient deux fois par an.
Elle consiste à renouveler le pelage, afin de mieux s’adapter à la saisonnalité.
Mais les chats d’intérieur, qui ne vont jamais dehors, sont-ils aussi concernés ?
C’est ce que nous allons voir.
La mue du chat : une perte de poils qui a lieu deux fois par an
La mue est un phénomène naturel lors duquel le chat perd ses poils, afin de les remplacer par des nouveaux plus adaptés aux conditions environnementales à venir.
A chaque mue, l’animal peut perdre plusieurs centaines de poils par jour.
Le cycle de croissance du poil chez les mammifères connaît trois phases : la croissance pendant laquelle le follicule pileux produit un nouveau poil (anagène), le repos lorsque le poil a terminé sa croissance (catagène) et la fin de vie avant la chute (télogène).
La mue a lieu deux fois par an :
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au printemps, vers le mois d’avril, période à laquelle le chat perd son pelage d’hiver pour un poil plus léger ;
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en automne, vers le mois d’octobre, quand le chat troque son pelage léger pour un poil plus épais et protecteur.
La perte de poil saisonnière dure entre six à huit semaines.
Elle est plus impressionnante au printemps qu’en automne (perte d’un pelage plus épais).
La mue est influencée par deux facteurs : la température et la luminosité.
Elle est aussi variable selon la race du chat : les chats du froid comme le Maine Coon, le Norvégien ou le Persan ont tendance à développer à l’approche de l’hiver un poil particulièrement épais, avec une couche de sous-poils bien isolante.
Pour leur part, les chats aux poils courts auront une mue un peu moins visible.
Evoquons aussi les chats nus ou aux poils ras, comme le Sphynx ou le Devon Rex, dont la mue passe presque inaperçue.
L’âge du chat entre aussi en ligne de compte : les animaux âgés ont généralement une perte de poil moins intense qu’un jeune chat.
La luminosité influe sur la mue du chat d’intérieur
Dans nos logements, la température est bien plus constante tout au long de l’année qu’à l’extérieur.
Alors que les amplitudes sont de plusieurs dizaines de degrés dehors entre l’été et l’hiver, elles sont bien moins remarquables en intérieur.
Le chat va généralement évoluer dans un environnement toujours entre 18°C et 25°C en moyenne.
Là où des chats d’extérieur vont être influencés par les changements de températures pour déclencher leur mue, les chats d’intérieur vont déclencher leur perte de poils en fonction des variations de luminosité naturelle.
C’est l’augmentation ou la baisse des heures d’ensoleillement qui sera majoritairement prise en compte.
C’est ce que l’on appelle la photopériode, la durée quotidienne de la lumière du jour par rapport à la nuit.
C’est cela qui va en effet avoir un impact sur la production hormonale des chats, notamment la mélatonine, qui est responsable de la croissance et de la chute du poil.
Même simplement à travers les fenêtres d’un logement, les chats peuvent en effet percevoir facilement ces changements.
Les chats d’appartement développent un pelage moins épais en hiver
Nous venons de voir que les chats d’intérieur sont donc quand même touchés par le phénomène de mue.
Mais il va intervenir de façon beaucoup moins intense que chez un chat vivant toute l’année dehors ou ayant un accès régulier à l’extérieur.
Tout d’abord, la mue aura tendance à être beaucoup plus graduelle.
L’exposition à une lumière artificielle et les amplitudes de températures plus faibles influent en effet sur le cycle naturel du poil.
Les poils vont donc avoir tendance à tomber de façon plus régulière, tout au long de l’année.
Ensuite, les modifications du pelage seront plus discrètes.
En automne, les chats d’appartement vont perdre leurs poils de façon plus modérée.
Ils vont généralement développer un sous-poil un peu plus dense et isolant, mais moins visible.
S’ils n’ont jamais été à l’extérieur, ne pensez donc pas qu’ils pourront sans problème être mis dehors en hiver.
Ils auraient beaucoup plus de risques de souffrir du froid par rapport à un chat qui a l’habitude de vivre en extérieur et qui aura développé un poil beaucoup plus épais pour le protéger
.Les adaptations à prévoir pendant la mue d’hiver
Tout d’abord, si votre chat d’appartement a la possibilité de bénéficier de courtes sorties dehors, par exemple sur un balcon, elles devront être adaptées pendant la saison froide.
Privilégiez des sorties plus courtes (10 à 15 minutes) et aux moments les plus chauds de la journée (vers midi).
En compensation, vous pouvez mettre l’accent sur les séances de jeux, afin de lui permettre de maintenir une bonne activité physique au quotidien pendant la saison froide.
Ensuite, même si la mue est moins intense chez le chat d’appartement, pensez à augmenter la fréquence des brossages.
Procédez 2 à 3 fois par semaine, voire quotidiennement chez un chat à poil long.
Ce geste a plusieurs fonctions :
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limiter les risques d’ingestion de poils lors de la toilette, qui peuvent occasionner des troubles digestifs ;
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favoriser le renouvellement cellulaire ;
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limiter les pertes de poils partout dans le logement.
Si vous remarquez que votre chat a froid en hiver (cela peut être le cas chez les animaux âgés ou malades), n’hésitez pas à le rapprocher d’une source de chaleur : une fenêtre bien exposée, un radiateur, une cheminée, un poêle à bois, etc.
Pour cela, il suffit de déplacer les couchages ou de mettre une simple chaise à disposition.
Veillez aussi à protéger le félin des courants d’air et de tout changement brutal de température (lorsqu’une fenêtre ou une porte sont ouvertes par exemple).
La mise à disposition d’un pot d’herbe à chats, qui va aider à la purge naturelle des poils ingérés, est aussi recommandée.
En complément, vous pouvez mettre l’accent sur les aliments riches en acides gras oméga 3, comme le poisson, qui favorisent la bonne santé et la brillance du pelage.
Veillez également à l’hygiène des accessoires et des couchages du chat, en les nettoyant régulièrement et en y retirant les poils à l’aide d’une brosse adhésive ou d’un gant de ménage.
Enfin, ne négligez pas les traitements antiparasitaires.
Même s’il ne vit qu’en intérieur, le chat n’évolue pas en milieu stérile.
Il peut être contaminé suite aux allers et retours des autres membres du foyer.
Si vous remarquez des démangeaisons, des rougeurs, la formation de croûte, une pelade (absence totale de poils sur une partie du corps), que votre chat se toilette frénétiquement, il peut s’agir d’un problème cutané.
Parlez-en donc à votre vétérinaire.
Pour conclure, un chat qui ne sort jamais va tout de même connaître des phénomènes de mue et développer un poil d’hiver.
Mais il sera beaucoup moins épais et protecteur que celui d’un chat qui va dehors.
En cas de forte baisse de température, il est donc primordial de le protéger du froid.




