En effet les habitants de Tuvalu seront hélas peut être les premiers réfugiés climatiques. Tuvalu est l’un des plus petits Etats du monde, le plus vulnérable aux changements climatiques et à l’élévation du niveau de la mer du fait de sa taille et de son isolement. L’eau de mer remonte du sol et empêche l’eau de pluie de s’infiltrer dans la terre. Le sel détruit les cultures. Les arbres tombent et n’arrêtent plus le vent. Du coup, le sable et la terre sont emportés et l’érosion grignote petit à petit les côtes. Aujourd’hui, l’archipel est tout simplement menacé de disparition.

Depuis quelques années, une menace plane sur les Tuvalu.

Les vagues sont plus hautes, les marées plus grandes et plus fréquentes.

L’eau de mer remonte du sol et empêche l’eau de pluie de s’infiltrer dans la terre.

Le sel détruit les cultures.

Les arbres tombent et n’arrêtent plus le vent.

Du coup, le sable et la terre sont emportés et l’érosion grignote petit à petit les côtes.

Aujourd’hui, l’archipel est tout simplement menacé de disparition.

A l’échelle nationale, plus de 11.000 habitants sont concernés par le réchauffement climatique.

Autant de personnes qui seront, à terme, chassées de leur île.

Ce qui fait d’eux les premiers réfugiés climatiques du monde.

Pour la première fois, une famille originaire des Tuvalu a obtenu le droit de résidence en Nouvelle-Zélande en raison du changement climatique.

Une grande victoire quand on sait que pour l’instant, la Convention internationale relative au statut des réfugiés ne reconnaît toujours pas les victimes des aléas climatiques.

Une fin inévitable

Tuvalu est l’un des plus petits Etats du monde, le plus vulnérable aux changements climatiques et à l’élévation du niveau de la mer du fait de sa taille et de son isolement.

Les neufs atolls ont déjà vu disparaître trois mètres de front de mer.

En 2002, le Premier ministre de l’époque, Koloa Talake, annonçait son intention de porter plainte contre les Etats-Unis et l’Australie devant la Cour internationale de Justice de La Haye afin de dénoncer leurs émissions disproportionnées de dioxyde de carbone.

Mais il ne fut pas réélu, et la plainte ne fut jamais déposée.

De plus en plus inquiets de la submersion de leurs îles, les Tuvaluans commencent massivement à quitter l’archipel.

Car les îles vont devenir invivables bien avant d’être englouties.

En effet, la population ne fait qu’augmenter : la population de Funafuti, l’île principale de l’archipel, a plus que doublé en 30 ans passant de 2.000 à 4.500.

Et les conséquences de la montée des eaux se font déjà sentir : l’eau de mer s’infiltre dans les sources d’eau potable et la rend impropre à la consommation.

Une vague de chaleur marine en 2024 y a anéanti environ 99,9 % des coraux à l’origine de la formation de l’archipel, selon les scientifiques.

« On peut nager pendant des heures et des heures le long du récif dans le lagon, ce ne sont que des squelettes à perte de vue.

Tout est mort », décrit le biologiste marin Austin Bowden-Kerby qui a documenté les dégâts l’an dernier.

« Le système qui a créé ces îles est mort.

Ce n’est pas la pollution, pas la surpêche, juste une conséquence directe du changement climatique ».

La montée du niveau de la mer a déjà largement submergé deux des neuf atolls coralliens de Tuvalu, et les scientifiques craignent que l’archipel disparaisse sous la mer d’ici la fin du siècle.

 « La montée du niveau de la mer n’est pas une menace future, c’est une réalité actuelle », a souligné à l’ONU la semaine dernière le Premier ministre du pays Feleti Teo.

Avec comme question les moyens de subsistance des 10 600 habitants de Tuvalu.

« Les anciens pêchaient des vivaneaux rouges et d’autres espèces », dit le chercheur Rajneel Singh.

« Ils ne figurent plus fréquemment dans les prises.

Et la taille des poissons a également diminué », note-t-il, ce qui présente un grave problème pour un pays qui vit de la mer.

« Difficile à réaliser »

« Certaines espèces de poisson sont dépendantes des coraux », explique Austin Bowden-Kerby.

Or, « ces poissons ont pratiquement disparu, et ils représentent le premier maillon de la chaîne alimentaire ».

Quand les scientifiques ont présenté leurs conclusions au ministre des Pêches en décembre dernier, ils ont fait face à l’incrédulité.

 « Ils ne savaient pas », se souvient Rajneel Singh.

« Cela a été difficile pour lui de réaliser, de voir les photos et d’entendre cette situation ».

La mise en place d’une pépinière de coraux offre une faible lueur d’espoir, avec le retour de poissons planctonophages.

« On ne peut pas replanter tous les récifs disparus de Tuvalu, mais il est possible de protéger certains coraux résistants à la chaleur », relève Austin Bowden-Kerby.

Tout du moins, ce serait possible s’il y avait des financements nécessaires, mais ceux-ci ont été épuisés fin septembre.

« Nous avons besoin de plus de fonds » ne serait-ce que pour maintenir ces projets, insiste M. Singh.

« Machine à remonter le temps »

Plusieurs épisodes de blanchissement depuis 2018 ont provoqué une mortalité massive des coraux.

Selon le rapport de l’Evaluation mondiale des océans des Nations unies, 90% des récifs pourraient disparaître si le réchauffement climatique dépasse 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Un paradis fragile mais d’une beauté rare

Au-delà du caractère dramatique de sa situation, Tuvalu reste un archipel fascinant.

Le tourisme y demeure confidentiel, mais ceux qui s’y rendent découvrent un Pacifique resté presque intact.

Funafuti, principal atoll, dévoile un lagon immense aux nuances de bleu irréel, où la plongée et le snorkeling se font parmi des coraux encore préservés.

Les îlots extérieurs, accessibles en bateau, proposent des plages de sable blanc bordées de cocotiers, des villages où la vie se déroule au rythme des marées, et une hospitalité chaleureuse qui surprend les voyageurs habitués aux destinations plus formatées.

Loin des complexes hôteliers et des foules, Tuvalu offre une expérience rare : celle d’un archipel où l’on mesure chaque jour à quel point la beauté peut être fragile.

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