La plupart des mammifères en ont une sauf les humains et les grands singes. La queue sert pour certaines espèces à avoir de l’équilibre ou à communiquer comme pour le chat et le chien, bien que leur manière de communiquer avec cet appendice est complètement opposé. En ce qui concerne les humains on ne sait pas si on a perdu notre queue parce que l’on est devenu bipède ou si c’est le fait de marcher qui a entraîné sa disparition.

19.02.24

De très nombreux vertébrés et particulièrement les mammifères sont dotés d’une queue, ou d’un vestige de cette dernière comme notre coccyx.

Pourquoi de nombreux animaux possèdent-ils une queue ?

Quels mammifères n’en possèdent pas et pourquoi ?

Un élément indispensable à la survie de très nombreux animaux

Les mammifères doivent la possession de leur colonne vertébrale et de leurs membres aux ancêtres qui peuplaient les mers du Carbonifère et ont dû s’adapter pour survivre à des conditions de vie bien différentes du milieu aquatique.

Ces vertébrés, les tétrapodes, ont évolué pour respirer, mais aussi pour se mouvoir sur terre ou la pesanteur exigeait un squelette plus puissant pour lutter contre la pesanteur.

Conquérir le milieu aérien ne s’est pas fait en un jour et nos ancêtres ont connu une modification de leur colonne vertébrale passant d’une colonne en deux parties à une colonne en trois parties :

  • Les vertèbres thoraciques qui portent les côtes ;

  • Les vertèbres sacrées, sises au niveau de la soudure de la ceinture pelvienne ;

  • Les vertèbres caudales forment la queue des tétrapodes, des mammifères, des poissons et des oiseaux.

  • Elles s’articulent avec les vertèbres sacrées de tous les vertébrés.

Chez l’être humain, il ne subsiste qu’un vestige de cette évolution apparu il y a des millions d’années : nos quatre vertèbres sont soudées, ne formant qu’un seul os, le coccyx.

Chaque espèce compte un nombre différent de vertèbres caudales : le chat possède de 18 à 23 coccygiennes, le chien seulement 20 en moyenne et le cheval de 15 à 21.

Les ancêtres des premiers mammifères terrestres utilisaient déjà leur queue pour se mouvoir ainsi que leurs membres antérieurs.

Et les mammifères actuels sont passés maîtres dans l’art d’utiliser cet appendice que nous avons abandonné au cours de notre évolution.

Une utilité qui ne sert pas qu’à se mouvoir

Nombre de mammifères ont su tirer parti sur terre ou dans les arbres, de ce prolongement de leur colonne vertébrale.

Félins, canidés, bovins, marsupiaux, singes, et mêmes dauphins, chaque espèce possède une queue et l’utilise pour se mouvoir :

  • Le chat profite de sa queue pour maintenir son équilibre lorsqu’il se promène sur les toits ;

  • Le dauphin se propulse dans l’océan grâce à elle : un vrai moteur à propulsion ;

  • L’écureuil, peut grâce sa magnifique queue en panache, amortir la chute ou rectifier l’atterrissage pour éviter de tomber à côté de la branche visée.

Chez de nombreux mammifères, elle n’est pas seulement un gage d’équilibre, de vitesse ou de mouvements élégants.

De nombreux animaux dont le chien et le chat l’utilisent aussi pour communiquer : point d’interrogation, battements lents, joyeux ou agacés sont précieux pour comprendre leurs intentions.

Chez les singes arboricoles, cet appendice caudal est semblable à une troisième main. Ils peuvent assurer leurs promenades entre chaque branche ou se laisser pendre et éplucher un fruit avec leurs membres antérieurs pour le déguster.

Certains préfèrent utiliser leurs mains pour s’accrocher et se servir de leur queue comme d’une main.

Les bovins et les chevaux s’en serviront comme d’une arme pour éloigner les indésirables mouches et taons.

Le dauphin n’hésite pas plus à utiliser sa belle nageoire caudale comme une arme lorsque la situation l’exige.

Enfin, pour certains animaux, la queue est une précieuse couverture dont ils se parent les nuits fraîches pour s’y enrouler : renards, loups et chiens nordiques savent employer leur appendice caudal comme chauffage d’appoint.

Balancier, grappin, arme létale, on se demande bien pourquoi les hominidés se sont finalement séparés d’un membre bien utile.

Pourquoi les grands singes et les êtres humains ne possèdent-ils pas de queue ?

Alors que la queue des mammifères sert de contrepoids à leur tête et permet aux animaux de se déplacer plus vite, la famille des grands singes laquelle nous appartenons est dépourvue d’appendice caudal.

Selon le zoologiste et docteur David Young, auteur du manuel “The discovery of evolution”, chimpanzés, gorilles et orangs-outans doivent cette absence à la position verticale.

Une région lombaire plus courte, la perte de la queue et l’os de l’omoplate située à l’arrière permet d’équilibrer la marche, de se redresser, marcher et courir.

A contrario, la présence d’une queue permet à l’animal qui évolue à quatre pattes de conserver son équilibre même au sol.

Une mutation génétique aurait concouru à la disparition de cet appendice caudal chez les grands singes, il y a 25 millions d’années.

Transmise de génération en génération, elle aurait modifié leur moyen de locomotion.

Au cours de l’évolution, nous avons également hérité de cette mutation.

Le développement embryonnaire de l’être humain laisse apparaître un appendice entre le 31e et le 35e jour de l’embryon.

Puis, ces vertèbres fusionnent pour devenir coccyx, prouvant qu’à un moment donné de notre histoire, comme tous les mammifères, nous possédions, nous aussi, une queue.

En fin de compte, nous savons à présent comment nous avons perdu notre queue, mais toujours pas pourquoi l’homme évolue sur deux jambes tandis que les animaux le font sur quatre pattes.

Rien à ce jour ne permet de savoir si le fait de marcher sur nos pieds a entraîné la disparition de notre queue ou si, au contraire, sa disparition a permis la marche verticale.

 

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