
Il ressemble à nos chats domestiques, mais ce n’est pas leur ancêtre.
Le chat des marais est un félin discret, dont les populations sont localement menacées.
Nous vous proposons de faire plus ample connaissance avec cet animal étonnant, qui a la capacité d’aboyer comme un chien lors de la période de reproduction.
Le chat des marais : un physique de petit félin
Le chat des marais (Felis chaus de son nom scientifique) a plusieurs petits surnoms.
Il est aussi appelé « chaus », « chat de la jungle » ou « chat des roseaux ».
Physiquement, il fait penser à un chat domestique classique, avec une allure toutefois un peu plus sauvage et imposante.
Il dispose d’une tête fine, en haut de laquelle se trouvent de grandes oreilles triangulaires qui se terminent en petit pinceau de poils, comme chez le lynx (mais de façon plus discrète).
Sa queue est assez courte.
Son pelage est parfois tacheté, tirant vers le blond, le roux ou le gris, avec un ventre et une gorge plus clairs.
Parfois, il a des rayures sur les pattes et le bout de la queue (sous forme d’anneaux plus sombres).
Il existe aussi des individus noirs ou albinos.
Ce félin peut mesurer entre 70 cm et plus d’1 mètre 20 de longueur avec la queue, pour un poids oscillant entre 3 et 15 kilos.
Son apparence peut en effet varier en fonction des différentes sous-espèces et de la zone dans laquelle il évolue.
Le mâle est aussi plus imposant que la femelle.
Les habitudes de vie de cet animal
Le chat des marais est présent en Chine, mais aussi dans de nombreux pays d’Asie du Sud et du Sud-Est : Laos, Thaïlande, Inde, Pakistan, Iran, Afghanistan, Vietnam, Cambodge, Birmanie, Bangladesh ou encore Sri Lanka.
On le retrouve également au Moyen-Orient, notamment en Egypte.
Nous l’avons dit, les sous-espèces varient selon les zones géographiques, puisqu’il en existe neuf distinctes.
Comme son nom l’indique, le chat des marais a une prédilection pour les zones humides, appréciant de vivre au sein des marais et des marécages.
Mais il peut aussi fréquenter les prairies, les forêts, les savanes, les zones agricoles, les déserts, voire les montagnes.
Il peut même évoluer à proximité des humains.
Comme ses cousins félins, le chat des marais est un carnivore, qui se nourrit essentiellement de petites proies et qui a besoin de protéines animales : rongeurs, oiseaux, insectes, jeunes cochons sauvages, serpents, etc.
Mais c’est un animal très adaptable, qui peut se montrer opportuniste concernant son régime alimentaire : il va ainsi varier selon les ressources disponibles.
Par exemple, il peut s’attaquer aux oiseaux d’élevage, comme les poules ou les canards.
Mais ce félin ne boudera pas non plus quelques fruits glanés dans les arbres et les arbustes.
Ce chat est un bon grimpeur, qui a surtout la particularité de savoir nager, ce qui lui permet de trouver aussi sa nourriture dans l’eau (poissons, amphibiens…).
Il serait ainsi capable de parcourir plus d’1 kilomètre.
Comme tous les félins, c’est aussi un bon coureur, qui peut atteindre plus de 30 km/h en pointe, ce qui laisse peu de chances à ses proies.
Ce chat a généralement des habitudes de vie nocturnes, chassant surtout au crépuscule.
Mais il peut aussi se montrer actif en journée.
La reproduction chez le chat des marais
Ce félin est un animal solitaire, même s’il est possible d’observer parfois des petits groupes, notamment pendant la saison de reproduction.
C’est à cette période qu’il peut faire entendre une sorte d’aboiement étonnant, qui ressemble réellement à celui d’un chien.
Mais ce son spécifique est réservé à la recherche de partenaires.
Quand il se sent en danger, ce chat peut aussi pousser des sortes de rugissements.
Contrairement aux autres félins, qui laissent la maman s’occuper de tout, le mâle semble ici assez protecteur avec ses petits.
C’est un comportement observé en captivité, mais il est difficile de savoir s’il est également répandu dans la nature.
La maturité sexuelle est atteinte vers 1 an.
La gestation dure une soixantaine de jours et la femelle donne naissance à 3 ou 4 petits, parfois plus.
Il n’y a généralement qu’une seule portée par an.
Les chatons naissent sourds et aveugles, complètement dépendants de leur mère.
Le sevrage intervient vers 3 mois, mais les petits ne deviendront autonomes qu’au bout de 9 mois.
Les menaces qui pèsent sur les populations de chats des marais
Le chat des marais a une espérance de vie dépassant les 10 ans.
Mais il est sujet à de nombreuses menaces, malgré ses grandes capacités d’adaptation.
Certaines sous-espèces sont plus en danger que d’autres.
C’est pour cela que certains pays ont choisi d’interdire sa chasse et son commerce, face à la diminution des populations.
Au niveau des prédateurs, il peut être pris pour cible par des grands félins comme les tigres, les léopards ou les panthères, mais aussi par des grands serpents ou des crocodiles.
Mais les activités humaines ont aussi un impact sur sa survie.
La déforestation, la disparition des zones humides et l’utilisation de produits chimiques réduisent son territoire et la quantité de nourriture disponible.
Il est aussi victime de piégeage, d’empoisonnement et de braconnage pour sa fourrure.
Le chausie : une race hybride issue d’un croisement avec le chat des marais
Le chat des marais aurait été apprivoisé à l’époque de l’Egypte antique, mais il reste un animal sauvage.
Dans les années 60, des croisements entre le chat des marais et des chats domestiques ont toutefois été réalisés.
Ces hybrides sont controversés, puisqu’ils ont conservé de forts instincts sauvages.
Ils sont donc nettement moins adaptés à la captivité.
Du côté de leurs besoins, ils demanderont beaucoup d’espace et de stimulations.
Ils peuvent aussi montrer des signaux de marquage plus développés (griffades, marquages urinaires, etc.).
Les propriétaires qui se tournent vers ces félins peuvent donc rapidement être dépassés et ne pas savoir comment les gérer.
Surtout, ces chats exercent une pression encore plus forte sur la biodiversité, étant de grands chasseurs de petits animaux.
Bon nageur, capable d’aboyer, aimant les fruits…
Le chat des marais est donc un félin étonnant.
Son rôle est essentiel dans les écosystèmes de son milieu.




